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Interview Emma Bristow

The Queen's not dead

Neuf fois championne du Monde, l’Anglaise Emma Bristow compte bien ajouter une dixième et ultime couronne à sa collection avant de tirer sa révérence.

 

L’occasion d’un retour sur la série mondiale qui lui a permis de façonner sa légende.

 

Que représentait le championnat féminin pour toi avant que tu t’y engages ?

 

Lorsque j’ai commencé à rouler à moto, je ne savais même pas qu’il existait un championnat du monde de trial pour les femmes ! Lorsque j’ai découvert qu’il existait un championnat britannique pour les filles, j’ai eu hâte d’essayer et j’ai commencé à m’y intéresser. C’était en 2004 et je me souviens qu’il n’y avait pas de médias sociaux et j’avais du mal à y croire. Lorsque j’ai découvert qu’il existait des championnats réservés aux filles et qu’il y avait davantage de pilotes femmes dans tout le Royaume-Uni, ce fut comme une révélation. Mais il est difficile de ne pas être intimidé, impressionné par la compétition quand tu commences, surtout que dans mon cas, j’avais très peu d’expérience, juste celle des événements nationaux. Je n’avais alors participé qu’aux épreuves organisées par mon club.

 

Je n’avais même que rarement voyagé à plus de deux heures de chez moi ! Les filles m’ont tout de suite intégrée et m’ont encouragée à me rendre sur les épreuves du championnat d’Europe. C’était une expérience incroyable pour moi, car je n’avais quitté le pays qu’une seule fois auparavant. C’était le début de quelque chose, car j’étais motivée pour obtenir de meilleurs résultats et je me suis entraînée dur après ce premier voyage. En 2006, j’ai participé à mon premier championnat du monde et j’ai terminé à la 9e place.

 

Cela fait maintenant 18 ans que je participe au championnat du monde féminin. J’ai vu de nombreuses pilotes s’y impliquer, puis en sortir au fil des années, mais personnellement, j’ai continué à me sentir motivée pour y participer à fond. Je pense que c’est parce que je voulais devenir une meilleure concurrente, plus forte, plus en forme, meilleure techniquement. Progresser est une obsession et c’est ce qui m’a poussée à m’entraîner dur au fil des ans. Je ressens de la satisfaction lorsque j’accomplis quelque chose de nouveau et j’adore être en osmose avec ma machine. C’est génial d’avoir un objectif, le mien, depuis que j’ai participé à la première épreuve du championnat du monde est de m’améliorer à moto. Sans le championnat du monde féminin, je n’aurais certainement pas continué à rouler aussi longtemps et à m’entraîner aussi dur.

 

Emma Bristow

 

Que penses-tu de son évolution ?

 

J’espère avoir inspiré les pilotes féminines de demain en leur montrant ce que c’est de s’entraîner dur pour être forte. Piloter une moto de trial est physique et il n’y a pas de limites. Au fil des ans, le niveau des filles s’est tellement amélioré, j’en suis très fière et cela fait plaisir à voir. J’aimerais que les championnats du monde comportent des sections plus hautes et plus techniques pour que les spectateurs puissent voir à quel point le niveau des filles est bon aujourd’hui. Les filles prennent le sport très au sérieux en suivant des entraînements spécifiques et c’est une très bonne évolution. C’est devenu plus professionnel et je suis très enthousiaste pour l’avenir de ce championnat !

 

Tu gagnes ta vie rien qu’en participant au championnat du monde féminin ?

 

Je suis vraiment reconnaissante à tous mes sponsors pour l’aide qu’ils m’ont apportée tout au long de ma carrière. Sans eux, je n’aurais pas participé à neuf championnats du monde et je n’aurais pu continuer à faire ce que j’adore. Pour performer dans un sport, il faut dépenser beaucoup d’argent, surtout pour les déplacements et les frais d’inscription, mais aussi pour l’entraînement. Ce sont des grosses dépenses et lors des premières années, j’ai eu la chance que mes parents m’aident. Ce n’est que lorsque j’ai commencé à entrer dans le top 3 des championnats du monde que j’ai eu quelques petites primes de victoire.

 

C’est difficile parce que pour tenter de gagner un championnat du monde, il faut beaucoup d’investissements financiers et je pense que c’est ainsi dans tous les sports. Le trial n’est pas différent. Mais encore une fois, avec du recul, je suis vraiment fière de ma motivation durant toute ma carrière. J’ai toujours aimé rouler et sentir que je m’améliorais. Mes parents ne m’ont jamais poussée, tout est venu de l’intérieur. De moi ! Je suis si reconnaissante à Sherco de m’avoir aidé au fil de toutes ces années. Depuis que j’ai rejoint leur équipe en 2013, j’ai pu me dédié entièrement au trial. Après, il est vrai aussi qu’il est primordial d’obtenir de bons résultats. Etre numéro un permet au rêve de se poursuivre année après année.

 

L’interview complète est à retrouver dans le numéro 112 de Trial Magazine. Actuellement disponible en kiosque et sur notre boutique en ligne. 

 

 

Couverture Trial Magazine #112

 

 

Par Vincent et Alex.

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