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Moto >> News
Laia Sanz, une femme en or
A seulement 23 ans, Laia Sanz totalise déjà la bagatelle de 8 titres mondiaux chez les filles et réalise d'excellentes performances même au milieu des garçons. De quoi nous donner envie d'en savoir plus sur la fille en or.
Comment t'es-tu retrouvé à faire du trial ?
Mon père est un amoureux des motos. A 4 ans, j'ai reçu une trial en cadeau. Il avait l'air tellement ému et content de me l'offrir que j'ai essayé. J'ai aimé tout de suite et en 2000 j'ai été championne du monde pour la première fois. Depuis, le trial est toute ma vie.
Si jeune et déjà huit titres...
Ca peut surprendre, mais j'ai commencé très jeune aussi... Et encore, je pourrais en avoir neuf. J'espère être championne du monde tant que mon corps me le permet.
Tu es la reine incontesté du trial féminin. Quand comptes-tu t'engager en Mondial avec les hommes ?
Bientôt j'espère, mais le niveau est tellement haut... J'ai quand même trois podiums en Mondial Junior et je fais quatrième du championnat.
Quelles sont selon toi les qualités nécessaires à un bon trialiste ?
Il faut être très complet. En plus de la condition physique, des heures et des heures sur le moto sont indispensables pour acquérir et travailler sa technique. Il faut aussi « la tronche » pour rester concentré pendant cinq heures de courses, supporter la pression. Je pense que c'est une de mes qualités.
Comment réagissent les hommes que tu bats ?
Depuis le temps que je suis là, ils finissent par me voir comme un pilote de plus. Même si c'est sûr que ça les énerve quand même plus de se faire battre par une femme.
Tu es clairement la meilleure dans le monde. Parviens-tu à bien vivre de ton sport ?
Vu mon âge et la crise actuelle, je n'ai pas à me plaindre. Mais après avoir payé mes déplacements (plus de 70000 €/an) et mon entraineur, mon salaire est, disons, « normal ». La saison dernière où je n'ai été que vice-championne, j'ai perdu de l'argent. Malheureusement, en Espagne, on ne prête aucune attention au sport féminin. Si j'étais un mec, avec huit titres mondiaux je pourrais prendre ma retraite ! Même si le gouvernement a crée un ministère de l'égalité, on n'y est pas dans le sport.
Quels sont tes rêves ?
Etre championne olympique. Si le trial était olympique, je serais couverte d'or ! Je ne regrette rien de mes choix, mais aujourd'hui je dois retourner à mes études pour assurer mon avenir.
Il paraît que tu es plus connue en France ou en Italie que chez toi. C'est vrai ?
Oui, je suis plus connue. Je signe beaucoup plus d'autographes en France et en Italie qu'en Espagne, c'est sûr. Là-bas, il n'y en a que pour le foot, alors maintenant qu'ils sont champions d'Europe ! Et avec Nadal, Alonso, le basket... Il est difficile de se faire connaître. En plus, je suis catalane. Si j'étais de Valence ou d'Andalousie, j'aurais plus de soutien du monde politique.
Si tu pouvais parler aux dirigeants espagnols, tu leur dirais quoi ?
Que la loi sur les forêt est ridicule et rend le trial illégal ! Qu'ils nous aident à trouver des solutions pour que l'on puisse s'entrainer sans passer pour des délinquants et risquer 3000 € d'amendes. Quand il y a besoin d'argent pour tailler une piste de ski dans la montagne, il n'y a pas de problème, mais nous qui n'embétons personne et aimons le calme et la nature, on ne nous laisse pas faire de la moto tranquille. Mais c'est à la mode d'être écolo et de raconter n'importe quoi sans savoir...
Tu t'entraines où alors ?
Je ne peux pas le dire, j'ai trop peur de prendre une amende ! Je suis championne du monde, mais je dois me chercher des coins reculés et me cacher pour m'entrainer, comme une criminelle ! C'est pour ça que les gens en Espagne n'achètent plus de motos de trial...
Qu'est-ce que tu risques si tu es prise ?
Une amende, plus de 3000 €. La fédération essaye de nous aider à les faire sauter, mais les amateurs n'ont pas cette chance. Notre secteur n'a aucun avenir dans ces conditions.
Est-il vrai que tu es fan de MotoGP ? Tu aimerais essayer ?
Oui, j'adorerais rouler contre Valentino Rossi. C'est le boss ! Ce serait formidable qu'il y ait quelques filles en MotoGP. Si on me donnait l'opportunité, je tuerais pour y arriver. Ceux qui comme moi ont de l'essence dans le sang finissent toujours par y arriver. J'aimerais aussi essayer le Dakar, cette course m'attire beaucoup.
Pour finir, tu es amoureuse ?
Oui, depuis un an et demi. Il est italien et même s'il ne vit pas en Espagne, nous avons la chance de nous avons souvent.
07/01/2009
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